Femmes et autonomie économique, 2005-2025
L'écart mondial de taux d'activité entre hommes et femmes s'est réduit de 2,3 points depuis 2005. Cette baisse ne vient pas d'une progression des femmes : leur taux a reculé de 1,7 point, contre 4,0 points chez les hommes. Huit cartes examinent ensuite le statut d'emploi, le travail non rémunéré, l'encadrement et l'accès aux services financiers.
- Data/
- fetch_donnees.pycollecte des trois API
- entites.csvpays, régions, groupes de revenu
- wdi-participation.csvtaux d'activité 2000-2025
- wdi-statut-emploi.csv
- wdi-direction.csv
- findex.csvvague 2024
- sdg-travail-non-remunere.csvindicateur 5.4.1
- Drafts/
- graphe_01 à graphe_08une carte par script
- figures_rapport.pyvariante rapport des cartes
- figure_variation.py
- Exports/8 cartes, plus 4 figures du rapport
- Rapport/
- Rapport.tex
- Rapport.pdf
- fonts/Poppins, pour compiler sans dépendance
- README.md
Sommaire
Sommaire
La question
Le taux d'activité féminin résume souvent la place économique des femmes. Pourtant, un écart entre les taux masculin et féminin peut se resserrer parce que davantage de femmes travaillent ou parce que davantage d'hommes quittent le marché du travail. L'écart seul ne permet pas de distinguer les deux mouvements.
L'indicateur ne décrit pas non plus le contenu de l'emploi. Il compte les personnes actives sans distinguer un salaire d'un travail familial non rémunéré, ni un poste d'exécution d'un poste de direction.
Cette analyse demande donc jusqu'où l'emploi se traduit par une autonomie économique. Huit cartes traitent chacune une dimension du problème ; le rapport les met en relation.
Résultats
Le resserrement de l'écart mondial vient d'abord du retrait des hommes. L'emploi ne garantit ni un revenu propre ni l'accès à l'encadrement. À l'échelle des pays, le taux d'activité féminin prédit aussi mal la détention d'un compte et l'usage des services financiers numériques, davantage associés au niveau de revenu national.
Sources
Aucune source ne couvre seule les quatre dimensions examinées.
| Source | Sert à | Couverture | Réserve |
|---|---|---|---|
| OIT via les World Development Indicators | Taux d'activité, statut d'emploi, encadrement | 182 pays, 2000 à 2025 | Estimations modélisées, pas des observations d'enquête |
| Global Findex | Compte en banque, usages numériques, épargne | Vague 2024, une seule année | Haïti enquêté en 2017 seulement |
| Nations unies, indicateur ODD 5.4.1 | Temps de travail domestique et de soin non rémunéré | 65 pays sur la tranche 15 ans et plus | Enquêtes emploi du temps rares et espacées |
Les estimations de l'OIT interpolent entre enquêtes nationales. Elles autorisent la comparaison entre pays, mais un faible écart entre deux pays ou deux dates peut relever du modèle autant que de la mesure. Le rapport ne classe donc pas l'Afrique subsaharienne à 10,4 points devant l'Amérique du Nord à 10,5.
Découpages régionaux
Les trois sources utilisent des découpages différents. Les fusionner modifierait les chiffres : chaque carte conserve et nomme donc la nomenclature de sa source.
| Découpage | Qui l'emploie | Particularité |
|---|---|---|
| Régions de la Banque mondiale | Cartes 01 à 05 | Partition complète du monde, tous niveaux de revenu |
| Régions du Global Findex | Cartes 07 et 08 | Six régions en développement, plus un groupe à revenu élevé |
| Nomenclature M49 des Nations unies | Carte 06 | Découpage des ODD, ni l'un ni l'autre |
« Amérique latine et Caraïbes » ne désigne donc pas le même ensemble de pays sur la carte 01 et sur la carte 08. Chaque carte porte l'appel de note qui le signale.
Une rupture s'ajoute à cela. Depuis 2025, la Banque mondiale rattache l'Afghanistan et le Pakistan au Moyen-Orient et Afrique du Nord, et non plus à l'Asie du Sud. Ses agrégats historiques sont recalculés sur le découpage actuel, ce qui laisse 2005 et 2025 comparables, mais déplace deux pays très peuplés d'une région à l'autre.
Niveau et variation
En 2025, 73,1 % des hommes de 15 ans et plus sont actifs dans le monde, contre 48,9 % des femmes. L'écart régional s'étend de 10,4 points en Afrique subsaharienne à 53,6 points au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, un rapport de un à cinq.
Sur vingt ans, l'écart mondial est passé de 26,4 à 24,1 points. La décomposition par sexe en modifie la lecture. Le taux d'activité féminin mondial a baissé de 1,7 point et le taux masculin de 4,0. Le resserrement traduit un retrait des hommes du marché du travail plus rapide que celui des femmes.
Un écart faible ne signale pas pour autant un marché du travail plus égalitaire, puisqu'il mesure la différence entre deux taux et non leur niveau. Le Nigéria et Sao Tomé-et-Principe ont tous deux un écart faible pour des marchés opposés. Le premier compte 3,6 points d'écart pour 80,7 % de femmes actives, le second 1,2 point pour 22,7 %.
Statut d'emploi et encadrement
L'entrée sur le marché du travail ne détermine pas le statut qui l'accompagne. À l'échelle mondiale, la dissymétrie tient à une catégorie précise. Les aides familiales représentent 14,4 % de l'emploi féminin et 6,1 % de l'emploi masculin. C'est le seul statut où les femmes sont nettement surreprésentées, et le seul qui ne procure aucun revenu propre.
L'agrégat régional qui n'existe pas
L'OIT ne diffuse pas d'agrégat régional pour la part des femmes dans l'encadrement, contrairement aux autres indicateurs mobilisés. La carte recompose donc chaque région par la médiane non pondérée de ses pays documentés depuis 2018, un pays comptant pour un, et écarte les régions de moins de cinq pays. L'Amérique du Nord en est absente pour cette raison, elle n'en compte que trois.
Ce choix a une conséquence de lecture. La valeur décrit le pays typique de la région, non les femmes de la région. Un agrégat pondéré serait dominé par les pays les plus peuplés et donnerait un autre nombre. La carte affiche donc le nombre de pays derrière chaque point.
Le travail que l'emploi ne compte pas
Les sections précédentes reposent sur une convention statistique selon laquelle le travail est l'activité rémunérée. L'indicateur 5.4.1 mesure la part de la journée consacrée au travail domestique et de soin non rémunéré, activité que cette convention laisse hors du champ.
L'Europe et l'Amérique du Nord affichent le deuxième écart le plus faible, 1 h 54, sans que cela tienne à une charge féminine allégée. Les femmes y consacrent 4 h 09 par jour au travail non rémunéré, à 48 minutes du maximum de l'échantillon. Ce sont les hommes qui s'en rapprochent, avec 2 h 15 contre 59 minutes en Afrique du Nord et Asie occidentale.
Ces durées se soustraient au temps disponible pour un emploi. De 3 h 27 à 4 h 56 par jour selon la région, elles représentent pour les femmes l'équivalent de 24 à 35 heures par semaine accomplies avant toute activité rémunérée.
Compte en banque et usages numériques
Le travail rémunéré ne suffit pas à ouvrir l'accès aux services financiers. Sur les 135 pays documentés dans les deux sources, la corrélation de Pearson entre taux d'activité féminin et détention d'un compte par les femmes n'est que de 0,22.
Cette corrélation est calculée entre pays et ne décrit pas la relation à l'intérieur de chacun d'eux, où une femme qui travaille est plus souvent bancarisée qu'une femme sans emploi. Le résultat concerne le pouvoir prédictif du taux d'activité féminin agrégé, et non l'effet individuel du travail. Conclure de l'un à l'autre constituerait une erreur écologique.
Le format de la carte autonome
Chaque carte doit rester compréhensible hors de cette page. Elle contient donc sa question, sa source, son année, son périmètre et les réserves nécessaires. Contrairement à un tableau de bord, elle ne peut pas renvoyer à une infobulle, un dictionnaire de données ou un filtre.
Aucun type de graphique n'est réutilisé. Cette contrainte oblige à choisir la forme à partir de la question : nombre de pays sous les médianes régionales de la carte 05, graphique papillon pour rendre visible l'écart de temps sur la carte 06, nuage de points pour tester la relation entre emploi et compte bancaire sur la carte 07.
| # | Question | Forme |
|---|---|---|
| 01 | Où se situe l'écart de participation femmes-hommes ? | Graphique en haltères |
| 02 | Les écarts se ferment-ils, ou les deux sexes progressent-ils en parallèle ? | Graphique de pente |
| 03 | Où être une femme change-t-il le plus les chances de participer ? | Barres classées |
| 04 | Avoir un emploi signifie-t-il avoir le même type d'emploi ? | Barres empilées à 100 % |
| 05 | Participer, est-ce diriger ? | Graphique en sucettes |
| 06 | Qui travaille lorsque le travail n'est pas payé ? | Graphique papillon |
| 07 | L'activité économique s'accompagne-t-elle d'une autonomie financière ? | Nuage de points |
| 08 | L'écart économique entre femmes et hommes existe-t-il aussi en ligne ? | Table thermique |
Limites
Estimations modélisées
Les taux d'activité, les statuts et l'encadrement proviennent d'estimations de l'OIT qui interpolent entre enquêtes nationales. Un écart de faible amplitude entre deux pays ou deux dates peut relever du modèle autant que de la mesure. Le Burundi et la Moldova présentent tous deux un écart négatif, mais l'avantage moldave d'un dixième de point reste sous la précision de l'estimation.
Deux périodes dans un même tableau
La carte de l'encadrement croise deux colonnes qui ne couvrent pas la même période. Le filtre 2018 ne porte que sur l'encadrement, la part dans l'emploi venant de la dernière année disponible. Sur 125 pays, 31 ont leurs deux valeurs la même année, 56 sont à un an d'écart et 38 à deux ans ou plus. L'écart publié est en outre la différence de deux médianes calculées séparément, non la médiane des écarts pays par pays, qui donnerait des valeurs voisines mais distinctes.
Millésime et année d'enquête
Les agrégats régionaux de l'indicateur 5.4.1 portent l'année 2025, mais les observations nationales qui les nourrissent s'échelonnent de 2000 à 2024. Les cartes 01 à 05, elles, sont de vraies estimations pour 2025. Le même millésime recouvre donc deux natures différentes.
Couverture haïtienne partielle
Haïti est documenté sur les cartes 01 à 04 et 07. Aucune donnée haïtienne n'existe pour la part des femmes dans l'encadrement, pour le temps de travail non rémunéré ni pour les indicateurs numériques. Sa dernière enquête Findex date de 2017, ce qui interdit de comparer sa valeur aux agrégats régionaux de 2024 sans réserve explicite. La carte 07 signale cette date sur le point.
Aucune ventilation infranationale
Les trois sources s'arrêtent au pays ou à la région. Les écarts entre milieu urbain et rural, entre niveaux de diplôme et entre classes d'âge, qui structurent la participation féminine, restent hors du champ.
Reproduire
Le dépôt réunit les données, les scripts et la source du rapport. Rien ne dépend d'un fichier extérieur, les polices comprises.
| Étape | Opération | Commande |
|---|---|---|
| 1 | Télécharger les séries des trois API | python Data/fetch_donnees.py |
| 2 | Produire les huit cartes | Get-ChildItem Drafts/graphe_0*.py | ForEach-Object { python $_ } |
| 3 | Produire les quatre figures du rapport | python Drafts/figures_rapport.py |
| 4 | Composer le document, deux passes pour les renvois | cd Rapport; xelatex Rapport.tex |
Le collecteur n'écrase pas un CSV déjà présent, ce qui permet de reprendre une collecte interrompue. L'API de la Banque mondiale ralentit fortement quand on l'interroge trop vite, la collecte complète prend une trentaine de minutes. Les CSV sont donc versionnés dans le dépôt.
Contrôles intégrés aux scripts
Chaque script imprime le tableau des valeurs tracées, ce qui rend vérifiable ligne à ligne tout chiffre porté par une carte. Trois d'entre eux s'interrompent si les données cessent de soutenir leur titre.
Garde-fou de la carte 06Drafts/graphe_06_travail_non_remunere.py
manquantes = set(REGIONS) - set(large.index)
if manquantes:
raise SystemExit(
f"Régions sans donnée {ANNEE} : {[REGIONS[c] for c in manquantes]}"
)
Le titre de cette carte affirme que l'écart existe dans chacune des sept régions. Si une région cessait d'être renseignée, la carte sortirait avec six lignes sous un titre qui en annonce sept. L'assertion arrête le script avant l'écriture du PNG. La carte 03 vérifie de la même façon que les douze plus grands écarts appartiennent bien à une seule région, et la carte 04 contrôle que les quatre statuts de la classification internationale se somment à l'emploi total.
Deux rendus depuis un seul script
Les figures du rapport sont les mêmes cartes, sur fond blanc et sans aucun texte dessiné dans l'image, puisque la légende « Figure n » du document porte déjà le titre, l'unité et la source. Chaque script expose un drapeau RAPPORT, à False par défaut, et des tables de dimensions indexées par ce drapeau. Seul figures_rapport.py le bascule.
Ce mécanisme a révélé un défaut dans la carte 01. La version autonome omet le monde de sa colonne d'écarts, car ce chiffre apparaît déjà dans la marge. Le mode rapport supprime cette marge : la ligne « Monde » se retrouvait alors sans écart. Le saut dépend désormais du drapeau RAPPORT, et non du seul nom de la ligne.