Femmes et autonomie économique, 2005-2025

L'écart mondial de taux d'activité entre hommes et femmes s'est réduit de 2,3 points depuis 2005. Cette baisse ne vient pas d'une progression des femmes : leur taux a reculé de 1,7 point, contre 4,0 points chez les hommes. Huit cartes examinent ensuite le statut d'emploi, le travail non rémunéré, l'encadrement et l'accès aux services financiers.

Données
Réelles et publiques, OIT, Nations unies, Global Findex
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Sommaire

Sommaire

  1. La question
  2. Résultats
  3. Sources
  4. Découpages régionaux
  5. Niveau et variation
  6. Statut d'emploi et encadrement
  7. Le travail que l'emploi ne compte pas
  8. Compte en banque et usages numériques
  9. Le format de la carte autonome
  10. Limites
  11. Reproduire

La question

Le taux d'activité féminin résume souvent la place économique des femmes. Pourtant, un écart entre les taux masculin et féminin peut se resserrer parce que davantage de femmes travaillent ou parce que davantage d'hommes quittent le marché du travail. L'écart seul ne permet pas de distinguer les deux mouvements.

L'indicateur ne décrit pas non plus le contenu de l'emploi. Il compte les personnes actives sans distinguer un salaire d'un travail familial non rémunéré, ni un poste d'exécution d'un poste de direction.

Cette analyse demande donc jusqu'où l'emploi se traduit par une autonomie économique. Huit cartes traitent chacune une dimension du problème ; le rapport les met en relation.

Résultats

24,1points d'écart mondial de taux d'activité en 2025, contre 26,4 en 2005
83,6 %des Haïtiennes en emploi travaillent sans employeur, contre 31,3 % dans leur région
0,22de corrélation entre travail des femmes et détention d'un compte, sur 135 pays
3 h 51d'écart quotidien maximal de travail domestique non rémunéré

Le resserrement de l'écart mondial vient d'abord du retrait des hommes. L'emploi ne garantit ni un revenu propre ni l'accès à l'encadrement. À l'échelle des pays, le taux d'activité féminin prédit aussi mal la détention d'un compte et l'usage des services financiers numériques, davantage associés au niveau de revenu national.

Sources

Aucune source ne couvre seule les quatre dimensions examinées.

Sources utilisées pour la série
SourceSert àCouvertureRéserve
OIT via les World Development IndicatorsTaux d'activité, statut d'emploi, encadrement182 pays, 2000 à 2025Estimations modélisées, pas des observations d'enquête
Global FindexCompte en banque, usages numériques, épargneVague 2024, une seule annéeHaïti enquêté en 2017 seulement
Nations unies, indicateur ODD 5.4.1Temps de travail domestique et de soin non rémunéré65 pays sur la tranche 15 ans et plusEnquêtes emploi du temps rares et espacées

Les estimations de l'OIT interpolent entre enquêtes nationales. Elles autorisent la comparaison entre pays, mais un faible écart entre deux pays ou deux dates peut relever du modèle autant que de la mesure. Le rapport ne classe donc pas l'Afrique subsaharienne à 10,4 points devant l'Amérique du Nord à 10,5.

Découpages régionaux

Les trois sources utilisent des découpages différents. Les fusionner modifierait les chiffres : chaque carte conserve et nomme donc la nomenclature de sa source.

Les trois nomenclatures régionales et leur portée
DécoupageQui l'emploieParticularité
Régions de la Banque mondialeCartes 01 à 05Partition complète du monde, tous niveaux de revenu
Régions du Global FindexCartes 07 et 08Six régions en développement, plus un groupe à revenu élevé
Nomenclature M49 des Nations uniesCarte 06Découpage des ODD, ni l'un ni l'autre

« Amérique latine et Caraïbes » ne désigne donc pas le même ensemble de pays sur la carte 01 et sur la carte 08. Chaque carte porte l'appel de note qui le signale.

Une rupture s'ajoute à cela. Depuis 2025, la Banque mondiale rattache l'Afghanistan et le Pakistan au Moyen-Orient et Afrique du Nord, et non plus à l'Asie du Sud. Ses agrégats historiques sont recalculés sur le découpage actuel, ce qui laisse 2005 et 2025 comparables, mais déplace deux pays très peuplés d'une région à l'autre.

Niveau et variation

En 2025, 73,1 % des hommes de 15 ans et plus sont actifs dans le monde, contre 48,9 % des femmes. L'écart régional s'étend de 10,4 points en Afrique subsaharienne à 53,6 points au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, un rapport de un à cinq.

Graphique en haltères comparant les taux d'activité des femmes et des hommes pour le monde, sept régions de la Banque mondiale et huit pays repères en 2025
Figure 1 Carte 01. Les pays repères sont ceux où vivent le plus de femmes de 15 ans et plus, auxquels Haïti est ajouté. Le graphique en haltères montre le niveau et laisse l'écart se lire comme une distance.

Sur vingt ans, l'écart mondial est passé de 26,4 à 24,1 points. La décomposition par sexe en modifie la lecture. Le taux d'activité féminin mondial a baissé de 1,7 point et le taux masculin de 4,0. Le resserrement traduit un retrait des hommes du marché du travail plus rapide que celui des femmes.

Graphique de pente de l'écart de taux d'activité entre 2005 et 2025 pour le monde et sept régions de la Banque mondiale
Figure 2 Carte 02. L'Europe et l'Asie centrale font seules exception, avec un gain féminin de 2,3 points pour une perte masculine de 0,3. C'est la seule région où le resserrement vient d'une progression des femmes.

Un écart faible ne signale pas pour autant un marché du travail plus égalitaire, puisqu'il mesure la différence entre deux taux et non leur niveau. Le Nigéria et Sao Tomé-et-Principe ont tous deux un écart faible pour des marchés opposés. Le premier compte 3,6 points d'écart pour 80,7 % de femmes actives, le second 1,2 point pour 22,7 %.

Barres classées des douze plus grands et des douze plus petits écarts nationaux de taux d'activité entre hommes et femmes en 2025, avec Haïti au 113e rang sur 182 pays
Figure 3 Carte 03. Les douze écarts supérieurs à 46 points se trouvent au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Haïti occupe le 113e rang sur 182 pays, avec 11,4 points d'écart.

Statut d'emploi et encadrement

L'entrée sur le marché du travail ne détermine pas le statut qui l'accompagne. À l'échelle mondiale, la dissymétrie tient à une catégorie précise. Les aides familiales représentent 14,4 % de l'emploi féminin et 6,1 % de l'emploi masculin. C'est le seul statut où les femmes sont nettement surreprésentées, et le seul qui ne procure aucun revenu propre.

Barres empilées à 100 % du statut dans l'emploi par sexe, monde, Amérique latine et Caraïbes et huit pays de la région en 2025
Figure 4 Carte 04. Haïti forme le cas extrême, avec 15,0 % de salariées parmi les femmes en emploi contre 66,0 % en Amérique latine et Caraïbes. Au total 83,6 % des Haïtiennes en emploi travaillent sans employeur, contre 69,9 % des Haïtiens.

L'agrégat régional qui n'existe pas

L'OIT ne diffuse pas d'agrégat régional pour la part des femmes dans l'encadrement, contrairement aux autres indicateurs mobilisés. La carte recompose donc chaque région par la médiane non pondérée de ses pays documentés depuis 2018, un pays comptant pour un, et écarte les régions de moins de cinq pays. L'Amérique du Nord en est absente pour cette raison, elle n'en compte que trois.

Ce choix a une conséquence de lecture. La valeur décrit le pays typique de la région, non les femmes de la région. Un agrégat pondéré serait dominé par les pays les plus peuplés et donnerait un autre nombre. La carte affiche donc le nombre de pays derrière chaque point.

Graphique en sucettes comparant la part des femmes dans l'emploi et dans l'encadrement, par région recomposée
Figure 5 Carte 05. Aucune région n'atteint la parité dans l'encadrement. Le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord s'écartent du schéma avec une part féminine de l'encadrement supérieure à sa part de l'emploi, résultat compatible avec un effet de sélection dans une région où les femmes représentent moins d'un cinquième des personnes en emploi.

Le travail que l'emploi ne compte pas

Les sections précédentes reposent sur une convention statistique selon laquelle le travail est l'activité rémunérée. L'indicateur 5.4.1 mesure la part de la journée consacrée au travail domestique et de soin non rémunéré, activité que cette convention laisse hors du champ.

Graphique papillon du temps quotidien de travail domestique et de soin non rémunéré, par sexe, dans les sept régions des objectifs de développement durable
Figure 6 Carte 06. L'écart atteint au minimum 1 h 49 par jour dans les sept régions documentées, et 3 h 51 en Afrique du Nord et Asie occidentale. Le papillon a été retenu parce que la barre empilée aplatissait l'écart entre les sexes au lieu de le montrer.

L'Europe et l'Amérique du Nord affichent le deuxième écart le plus faible, 1 h 54, sans que cela tienne à une charge féminine allégée. Les femmes y consacrent 4 h 09 par jour au travail non rémunéré, à 48 minutes du maximum de l'échantillon. Ce sont les hommes qui s'en rapprochent, avec 2 h 15 contre 59 minutes en Afrique du Nord et Asie occidentale.

Ces durées se soustraient au temps disponible pour un emploi. De 3 h 27 à 4 h 56 par jour selon la région, elles représentent pour les femmes l'équivalent de 24 à 35 heures par semaine accomplies avant toute activité rémunérée.

Compte en banque et usages numériques

Le travail rémunéré ne suffit pas à ouvrir l'accès aux services financiers. Sur les 135 pays documentés dans les deux sources, la corrélation de Pearson entre taux d'activité féminin et détention d'un compte par les femmes n'est que de 0,22.

Nuage de points croisant le taux d'activité féminin et la détention d'un compte par les femmes sur 135 pays, coloré par groupe de revenu
Figure 7 Carte 07. Les points se répartissent surtout selon le niveau de revenu du pays. La détention d'un compte croît à chaque échelon, de 41,6 % dans les pays à faible revenu à 96,9 % dans les pays à revenu élevé, tandis que la participation féminine médiane suit un U asymétrique.

Cette corrélation est calculée entre pays et ne décrit pas la relation à l'intérieur de chacun d'eux, où une femme qui travaille est plus souvent bancarisée qu'une femme sans emploi. Le résultat concerne le pouvoir prédictif du taux d'activité féminin agrégé, et non l'effet individuel du travail. Conclure de l'un à l'autre constituerait une erreur écologique.

Table thermique des écarts femmes-hommes sur cinq indicateurs financiers et numériques, par région du Global Findex
Figure 8 Carte 08. Sur les 36 mesures disponibles, 33 placent les femmes en retard. L'écart le plus fort porte sur la possession d'un téléphone mobile en Asie du Sud, à 27,5 points, quand le retard médian des 33 mesures en défaveur des femmes atteint 8,3 points.

Le format de la carte autonome

Chaque carte doit rester compréhensible hors de cette page. Elle contient donc sa question, sa source, son année, son périmètre et les réserves nécessaires. Contrairement à un tableau de bord, elle ne peut pas renvoyer à une infobulle, un dictionnaire de données ou un filtre.

Aucun type de graphique n'est réutilisé. Cette contrainte oblige à choisir la forme à partir de la question : nombre de pays sous les médianes régionales de la carte 05, graphique papillon pour rendre visible l'écart de temps sur la carte 06, nuage de points pour tester la relation entre emploi et compte bancaire sur la carte 07.

Les huit cartes, leur question et leur forme
#QuestionForme
01Où se situe l'écart de participation femmes-hommes ?Graphique en haltères
02Les écarts se ferment-ils, ou les deux sexes progressent-ils en parallèle ?Graphique de pente
03Où être une femme change-t-il le plus les chances de participer ?Barres classées
04Avoir un emploi signifie-t-il avoir le même type d'emploi ?Barres empilées à 100 %
05Participer, est-ce diriger ?Graphique en sucettes
06Qui travaille lorsque le travail n'est pas payé ?Graphique papillon
07L'activité économique s'accompagne-t-elle d'une autonomie financière ?Nuage de points
08L'écart économique entre femmes et hommes existe-t-il aussi en ligne ?Table thermique

Limites

Estimations modélisées

Les taux d'activité, les statuts et l'encadrement proviennent d'estimations de l'OIT qui interpolent entre enquêtes nationales. Un écart de faible amplitude entre deux pays ou deux dates peut relever du modèle autant que de la mesure. Le Burundi et la Moldova présentent tous deux un écart négatif, mais l'avantage moldave d'un dixième de point reste sous la précision de l'estimation.

Deux périodes dans un même tableau

La carte de l'encadrement croise deux colonnes qui ne couvrent pas la même période. Le filtre 2018 ne porte que sur l'encadrement, la part dans l'emploi venant de la dernière année disponible. Sur 125 pays, 31 ont leurs deux valeurs la même année, 56 sont à un an d'écart et 38 à deux ans ou plus. L'écart publié est en outre la différence de deux médianes calculées séparément, non la médiane des écarts pays par pays, qui donnerait des valeurs voisines mais distinctes.

Millésime et année d'enquête

Les agrégats régionaux de l'indicateur 5.4.1 portent l'année 2025, mais les observations nationales qui les nourrissent s'échelonnent de 2000 à 2024. Les cartes 01 à 05, elles, sont de vraies estimations pour 2025. Le même millésime recouvre donc deux natures différentes.

Couverture haïtienne partielle

Haïti est documenté sur les cartes 01 à 04 et 07. Aucune donnée haïtienne n'existe pour la part des femmes dans l'encadrement, pour le temps de travail non rémunéré ni pour les indicateurs numériques. Sa dernière enquête Findex date de 2017, ce qui interdit de comparer sa valeur aux agrégats régionaux de 2024 sans réserve explicite. La carte 07 signale cette date sur le point.

Aucune ventilation infranationale

Les trois sources s'arrêtent au pays ou à la région. Les écarts entre milieu urbain et rural, entre niveaux de diplôme et entre classes d'âge, qui structurent la participation féminine, restent hors du champ.

Reproduire

Le dépôt réunit les données, les scripts et la source du rapport. Rien ne dépend d'un fichier extérieur, les polices comprises.

Étapes de reproduction de la série et du rapport
ÉtapeOpérationCommande
1Télécharger les séries des trois APIpython Data/fetch_donnees.py
2Produire les huit cartesGet-ChildItem Drafts/graphe_0*.py | ForEach-Object { python $_ }
3Produire les quatre figures du rapportpython Drafts/figures_rapport.py
4Composer le document, deux passes pour les renvoiscd Rapport; xelatex Rapport.tex

Le collecteur n'écrase pas un CSV déjà présent, ce qui permet de reprendre une collecte interrompue. L'API de la Banque mondiale ralentit fortement quand on l'interroge trop vite, la collecte complète prend une trentaine de minutes. Les CSV sont donc versionnés dans le dépôt.

Contrôles intégrés aux scripts

Chaque script imprime le tableau des valeurs tracées, ce qui rend vérifiable ligne à ligne tout chiffre porté par une carte. Trois d'entre eux s'interrompent si les données cessent de soutenir leur titre.

Garde-fou de la carte 06Drafts/graphe_06_travail_non_remunere.py
manquantes = set(REGIONS) - set(large.index)
if manquantes:
    raise SystemExit(
        f"Régions sans donnée {ANNEE} : {[REGIONS[c] for c in manquantes]}"
    )

Le titre de cette carte affirme que l'écart existe dans chacune des sept régions. Si une région cessait d'être renseignée, la carte sortirait avec six lignes sous un titre qui en annonce sept. L'assertion arrête le script avant l'écriture du PNG. La carte 03 vérifie de la même façon que les douze plus grands écarts appartiennent bien à une seule région, et la carte 04 contrôle que les quatre statuts de la classification internationale se somment à l'emploi total.

Deux rendus depuis un seul script

Les figures du rapport sont les mêmes cartes, sur fond blanc et sans aucun texte dessiné dans l'image, puisque la légende « Figure n » du document porte déjà le titre, l'unité et la source. Chaque script expose un drapeau RAPPORT, à False par défaut, et des tables de dimensions indexées par ce drapeau. Seul figures_rapport.py le bascule.

Ce mécanisme a révélé un défaut dans la carte 01. La version autonome omet le monde de sa colonne d'écarts, car ce chiffre apparaît déjà dans la marge. Le mode rapport supprime cette marge : la ligne « Monde » se retrouvait alors sans écart. Le saut dépend désormais du drapeau RAPPORT, et non du seul nom de la ligne.